“RING (Variations du couple)” de Léonore Confino par Côme de Bellescize : le tourbillon de l’amour

À voir si : vous avez le cœur passionné

Du 29 juin au 21 juillet
au Festival d’Avignon OFF 2024
Au Théâtre Actuel

Reprise au Théâtre de l’Oeuvre à Paris
à partir du 3 septembre 2024

© Samy La Famille 


“Tu peux me dire pourquoi on se sépare si c’est pour tout faire ensemble”

RING (Variations du couple), Léonore Confino


Dans un corps à corps et cœur à cœur incandescents, les magnifiques Jina Djemba et Amaury De Crayencour exposent sur un ring théâtral puissant les différentes variations du couple en seize saynètes imaginées par Léonore Confino. Un véritable uppercut scénique et amoureux !

Ils sont beaux. Assortis. Bas noir, haut crème. Affalés. Dans un canapé blanc. Avec pour seul décor, une végétation luxuriante qui délimite leur scène - leur ring - comme si c’était le cadre photo d’un instant de vie. Amoureux ou non ? Ils sont Adam et Eve. La création et tout ce qui s’en suit. Pourtant, ils ne sont pas d’accord. Eve veut se reproduire, Adam hésite. Ou le début d’une suite d’accords et désaccords autopsiant le rapport amoureux entre un homme et une femme de notre temps, tous deux dénommés Camille.

L’amour sur un plateau

Léonore Confino nous avait déjà scotchés en 2013 avec la première version de sa pièce sur la scène très intimiste du Petit Saint-Martin avec le duo hypnotisant Audrey Dana-Sami Bouajila. L’envie de reprendre un shoot d’amour (choc de la rupture y compris !) était trop grande. La pièce, quelque peu revisitée pour s’adapter aux questionnements de l’auteure - devenue mère de deux enfants - ainsi qu’à l’époque - post Me-Too, n’a rien perdu de son caractère irrésistible. De la rencontre folle à la rupture terrible, de la déclaration passionnée au deuil impossible, de l’arrivée de l’enfant à l’éloignement des parents, chaque saynète est superbement écrite, entre humour et émotion, nous faisant battre le coeur pour Camille & Camille qui se fuient, s’attirent, s’aiment ou se désunissent avec autant de fureur que de douceur, de tendresse que de désir. Chacun pourra se découvrir dans ce tourbillon de l’amour mené tambour battant par la mise en scène enlevée et précise de Côme de Bellescize, maître dans l’art du duo - on se souvient de son travail dans la superbe pièce Les Beaux, là aussi signée Léonore Confino. Mentions spéciales aux incursions de scènes (magnifiquement) chorégraphiées - par Mehdi Baki - qui apportent du souffle et du sentiment supplémentaires aux joutes verbales éléctrisées des deux amants. Là, des cris mimés - ceux, sans doute, de parents trop épuisés ou d’amoureux profondément empêtrés ? - ici, des enlacements bouleversants ou encore des tentatives de rapprochement dansées jusqu’à un si joli final collé-serré sur le… canapé. “T’es con”, “Toi, t’es con!”, “T’es beau”, “Toi, t’es belle”. Et c’est plié !

Si l’alchimie était contée

Sur ce ring, l’amour, le désir et la fièvre circulent à pleins flots. Malgré les disputes, malgré les incompréhensions. Car ce nouveau duo de “RING” fonctionne à la perfection. C’est Jina Djemba qui est allée voir Léonore Confino pour faire revivre ce texte. Sur scène, sculpturale, drapée dans une blouse qui vit au gré des soubresauts de son coeur, elle exulte la sensualité, la féminité et la volonté. Son pendant masculin, Amaury de Crayencour, dégage, lui aussi, un sacré charisme, beaucoup de tendresse, et amuse ou agace en nouveau père dépassé par la situation ou en cliché du mec tourné sur lui. Bref, on fond d’amour pour ces deux-là, et on en redemande. Une pièce et à voir et à revoir, donc, pour que le tourbillon de l’amour fasse son chemin, à jamais…

Claire Bonnot

“RING (Variations du couple)” de Léonore Confino, mise en scène par Côme de Bellescize

Durée : 1h15